Savoir doser ses relances

Toute relance digne de ce nom doit être au moins de trois fois le montant de la grosse blinde. C’est ce que j’appellerais une « relance standard ». Beaucoup trop de joueurs effectuent des « mini-raises » à deux fois le big blind, mais cela revient presque à un slow-play, car cela ne dissuadera pas grand monde et très souvent pas la grosse blinde, qui n’aura qu’une mise à rajouter pour voir le flop.

Il ne faut pas perdre de vue le but d’une relance : bien sur faire grossir le pot, mais surtout, chasser les mains moyennes qui pourraient créer des accidents en voyant le flop.

Alors avec quelles mains doit on relancer lorsque l’on est premier à parler ? A mon avis, et malgré que je vois beaucoup de joueurs relancer avec des mains marginales, la liste des mains avec laquelle on peut et doit relancer en ouverture quelque soit la position, se limite à seulement 8 mains !!! Ces mains sont toutes les paires supérieures aux 9, auxquelles on rajoute AK et AQ. J’ai déjà écris un article sur la raison pour laquelle il ne faut pas relancer préflop avec des mains comme AJ ou des petites paires, car ces mains supportent très mal une surrelance, donc on doit entrer dans un coup avec, mais se coucher à moindre frais si on est sur relancé !!!

En position : du bouton au cut-off – 1, on peut se permettre d’élargir ce panel de mains pour « acheter » le bouton, et faire croire à une main beaucoup plus forte que celle que l’on détient. Dans ce cas-là, on peut relancer avec des mains comme AJ, A10 assortis, ou KQ. Si tout le monde checke, il sera alors aisé d’essayer de voler le pot par un bluff ou un semi bluff.

La relance ne doit jamais être excessive : je vois certains joueurs relancer à plus de 10 fois le big blind, ou même faire tapis préflop avec AA en début de tournoi et ainsi ne récolter que les blindes, au motif qu’ils se font souvent cracker les As. Il ne faut pas exagérer !!! Les « rockets » sont certes une paire comme les autres, mais c’est quand même la meilleure main du Texas hold'em !!! Sachant qu’elle ne vous sera servie qu’une fois toutes les 221 mains en moyenne, ne la gâchez pas, et tentez de la rentabiliser au maximum !!!

Il faut aussi que votre relance ne vous rende pas « prévisible ». Certains joueurs relancent systématiquement d’un même montant certaines mains et d’un autre montant une autre. J’avais ainsi repéré un joueur qui relançait standard des super mains, et quand il touchait les 10 ou les valets, relançait à 5 fois la blinde car il était conscient de détenir une bonne main mais ne voulait personne dans le pot !!! Je vous conseillerai donc de relancer de manière quasi identique avec une des huit mains suscitées pour que vos adversaires aient du mal à savoir si vous avez une paire d’As ou de neufs !!!

Maintenant que faire si on est surrelance lorsque l’on a effectué une relance standard avec une de ces huit mains ? Si la surrelance n’est pas excessive, on doit juste caller avec toutes ces mains y compris les rois, car si votre adversaire vous a sur relancé avec un As et qu’un as apparaisse au flop, vous serez en difficulté pour agir. La seule exception est bien sur la paire d’As. Si vous détenez cette main après l’avoir relancé, et que vous êtes sur relancé, sur sur relancez à votre tour au moins au double de la relance de votre adversaire, quitte à faire tapis préflop.

Bien évidemment, ces règles de base sont à adapter en fonction d’autres facteurs comme la position, le type de votre adversaire, et le montant des tapis.

Si vous avez repéré un joueur qui relance large avec des mains assez marginales n’hésitez pas à le sur relancer avec une main du « top 8 ». Suivre une relance standard avec des mains d’au moins 30 points (voir mon article sur les mains de départ), est aussi quelque chose que l’on se doit de faire : on ne peut pas jouer tout un tournoi seulement avec 8 mains !!!

Il y a aussi le cas particulier où l’on est short stack, c'est-à-dire avec un tapis ne vous permettant de ne jouer que 5 ou 6 tours ou moins. Dans ce cas là, il faut tenter de doubler à tout prix si on veut rester compétitif, et faire tapis préflop ou sur relancer un adversaire à tapis avec n’importe quelle paire ou une main comme AK à A10, voire KQ.

Vous le voyez, il y a une multitude de situations particulières (je n’ai par exemple pas parlé des surrelances de bluff) qui font du poker ce jeu passionnant que nous aimons tous, donc, adaptez votre façon de jouer à celle de vos adversaires, et surtout, une règle d’or : variez votre façon de jouer !!!