L’invention de la notion dite du « M » appartient à Paul Magriel, mathématicien et champion du monde de Backgammon en 1978. Il s’agit d’une méthode tout à fait transposable au poker, la preuve : les experts l’ont adoptée sans problème !
Le CTT
Le CTT est le « compte par tour de table » et il représente la somme des blinds, surblinds, voire antes, qui doivent être réglés à l’issue de chaque tour de table complet, notamment si l'on jette à chaque fois.
Exemple :
Blind : 500
Surblind : 1000
Antes : 50
10 joueurs à la table
Sur un CTT, vous vous positionnerez une fois de blind 500, une fois de surblind 1000, et l'on réglera 10 fois l'ante de 50, c'est-à-dire : 1000 + 500 + 500 = 2000.
L'ante correspond au montant exigé qui doit être rémunéré lorsqu’on se trouve à un certain niveau du tournoi : ceci est valable pour chaque coup, même en blind et en surblind et ce, même si vous ne misez pas sur le coup. Cette stratégie est adoptée pour pimenter chaque partie et, surtout, pour éviter que les joueurs ne « dorment » sur leurs stackes.
Évaluation du « M »
Lorsqu’on est en possession de notre CTT, il est possible de procéder à une estimation de notre « M ». Selon l’application pratique de cette formule, cela nous conduit à diviser notre stack par le CTT. Ainsi, nous allons pouvoir déterminer avec précision combien de tours il nous sera possible de résister, à condition de ne jouer aucun coup.
Exemple :
Le CTT est de 200, notre stack est de 2000, 2000 divisé par 200 = 10. Notre « M » est de 10. Nous pouvons donc effectuer 10 tours de table, c'est-à-dire 100 mains, à une table de 10.
Sachez que la valeur du « M » n'est pas constante : en effet, lorsque les blinds modifieront leur niveau, notre « M » subira un changement.
Même à distance, il me semble que je vous entends vous interroger : « Et alors ? Que se passe-t-il ? Il essaie de nous faire passer un message ? ». Et bien c’est vrai, ce que je veux vous dire, c’est que nous allons enfin commencer à jouer en fonction de notre « M. ».
Adapter son jeu à la valeur de notre « M »
Un « M » supérieur à 20 :
Si vous vous trouvez dans cette situation, cela signifie que vous êtes ancré favorablement dans le tournoi, ce qui se confirme même en chipleader. Notez dans ce cas qu’il n’est pas nécessaire de s’infiltrer dans chaque coup sous prétexte que notre stack vous y autorise.
Un « M » entre 10 et 20 :
Cette position n’est pas catastrophique, toutefois elle requiert de votre part à la fois de la circonspection, mais également de la pugnacité, notamment lorsque vous vous introduisez dans un coup. Lorsque notre « M » avoisine 10, faites appel à toutes les méthodes à votre disposition pour essayer de relever notre stack. Toutefois, soyez quand même prudent : ne jouez pas les casse-cou sans réfléchir, surtout si vous ne détenez pas une véritable main ou s’il n’existe pas de cote.
Un « M » entre 6 et 9 :
On ne peut pas dire que ce soit la configuration idéale. Á vous de prendre rapidement les décisions qui s’imposent, car dans le cas contraire, vous vous acheminez tout droit vers l’exclusion du jeu, sans oublier ceux que l’on qualifiera de « prédateurs » assis autour de la table, d'ailleurs(z'avez remarqué ?).
Prenez toutes les initiatives voulues pour reprendre la situation en main rapidement. N’oubliez pas : prenez le temps d’étudier les cotes et tenter de pénétrer dans les coups où les joueurs sont en nombre, à condition bien sûr que cela ne soit pas trop onéreux. Si en plus votre bonne étoile veille sur vous.....
Un « M » inférieur à 5
Dans ce cas, la situation est très claire : notre stack appelle au secours . Dès que l’occasion se présente, sachez que le temps du all-in se présente à vous. Le tapis au flop, si vous êtes nombreux à jouer autour de la table, est une bonne méthode. En tout état de cause, si vous ne vous lancez pas, vous serez bientôt out, ou obligatoirement à tapis...
Dan Harrington nous l’explique : si notre Q est inférieur à notre « M », c'est le « M » qui a obligatoirement l'ascendant. Le Q est particulièrement important lors de satellites, notamment- si les joueurs sont nombreux dans un tournoi.
Pour être plus précis sur la façon de jouer en fonction de votre M, Harrington a découpé le champ de jeu en 5 zones :
